Robby sera toujours Robby !
Ce 23 avril 2008, Robby Naish fête ses 45 ans… 45 années dont plus des ¾ de sa vie exclusivement consacrés au windsurf. Ambassadeur de luxe, légende vivante, dieu du sport, tous les superlatifs ont été trouvé pour ce grand monsieur qui continue de vivre aujourd’hui encore sa passion au quotidien. Interview !

Windsurfjournal.com : As-tu un souvenir en particulier quand tu repenses à ta carrière, quelque chose qui te ferait dire que c’est LE meilleur moment dans ta vie de windsurfer ?
Robby Naish : Non, en fait pas vraiment et à vrai dire tant mieux ! J’ai bien sûr plein de bons souvenirs auxquels je pense parfois. Je suis d’ailleurs sûr que c’est une des raisons pour laquelle je suis passionné de windsurf depuis toutes ces années. Si mes meilleurs souvenirs remontaient à 10 ou 20 ans en arrière, je pense que je serai quelqu’un de triste aujourd’hui alors que dans le même temps, j’apprécie toujours chaque minute qui passe.
WJ : 15 ou 20 ans en arrière, le windsurf était un sport très populaire avant de devenir plus confidentiel… Selon toi, de quoi aurait besoin le sport pour redevenir plus populaire aux yeux des médias et du public ?
RN : Si seulement j’avais la bonne réponse… Mais je crois qu’il n’y a rien de mal à être un sport un peu exclusif ! Nous sommes des gens spéciaux avec une vision particulière du sport et de la nature et la combinaison de tout ça fait un sport superbe. Rendre les choses à la mode ne les rend pas meilleures pour autant, il y aura surtout plus de monde.
WJ : Nous avons pour habitude de publier des photos ou des vidéos de toi sur Windsurfjournal.com et, à chaque fois, tu es toujours aussi souriant et semble prendre beaucoup de plaisir… La passion est toujours là comme au premier jour ?
RN : Absolument ! Par exemple, la semaine dernière, ça a été de la folie à Hookipa. Naish, JP Australia, Mistral, Starboard et Fanatic faisaient leurs shooting photos. Tout le monde était là. Nous avons eu des super conditions avec du vent fort et de grosses vagues et tout le monde était à l’eau. Il y avait du niveau sur l’eau et ça fait toujours plaisir de faire parti de ces moments uniques.
WJ : Selon toi qui est ou sont le(s) meilleur(s) waverider(s) du moment ?
RN : Ca dépend vraiment du jour et du spot. Il y a des gars qui sont vraiment bons en tribord mais pas en bâbord ou encore qui s’expriment bien en side shore et ne font rien en on shore. L’un dans l’autre, il y a pas mal de bons windsurfers en ce moment comme Jason Polakow, Keith Teboul ou encore Kauli Seadi. Je n’aime pas donner de noms comme ça sur une liste car ça change tout le temps. A Hookipa par exemple ces derniers jours, il n’y avait pas vraiment un rider qui sortait du lot plus que les autres…
WJ : Que penses-tu du record de vitesse réalisé par Antoine Albeau le 5 mars dernier ?
RN : C’est vraiment super. J’en ai parlé avec Antoine dernièrement et c’est presque effrayant tellement ça va vite. Dire que je n’ai fait que 43 nœuds et là c’est 49 nœuds et sur 500 mètres ! Il est tellement proche des 50 nœuds désormais. Il suffit de conduire à cette vitesse et de sortir la tête par la fenêtre pour comprendre ! Je suis vraiment content pour Antoine, c’est un gars qui travaille dur sans se prendre la tête et à qui les choses réussissent. J’aime voir un gars comme lui faire ce qu’il fait, il le mérite vraiment et c’est bon pour le windsurf. Mais attention, le kitesurf arrive !
WJ : Justement, entre le windsurf, le kitesurf et l’Hydroptère, qui selon toi battra le premier la barrière des 50 nœuds ?
RN : J’espère que ce sera un windsurfer. L’Hydroptère est aussi un concept incroyable, c’est un peu David contre Goliath et puis les kitesurfers vont déjà à plus de 50 nœuds, par encore sur 500 mètres. Nous verrons bien qui y arrivera en premier mais j’ai le sentiment que ça pourrait bien être les kitesurfers.
WJ : Il y a quelques années, tu étais très impliqué dans des tentatives de vitesse… Aura-t-on la chance de te revoir un jour dans la course au record ?
RN : J’aimerais tellement mais je n’ai pas le temps de me consacrer sérieusement et uniquement à ça. J’aimerai bien refaire un événement comme à Arinaga aux Canaries avec Björn Dunkerbeck, Anders Bringdal ou encore Antoine Albeau. D’une certaine manière, nous sommes arrivés à nos fins, remettre la vitesse sur le devant de la scène et j’y ai pris du plaisir… J’aimerai bien un jour tirer un bord ou deux sur le canal.
WJ : Naish, ta marque mais toi également semblez très investis dans le sport du moment, le stand up paddle… Que penses-tu de ce nouveau sport ?
RN : je m’éclate vraiment à en faire. Il y a un temps et un endroit pour chaque chose et c’est un sport qui apporte vraiment un peu aux windsurfers comme aux kitesurfers car quand il n’y a pas de vent, et bien on va faire du stand up paddle ! Qu’il y ait des grosses ou des petites vagues, même quand c’est plat, c’est amusant et bon pour la santé. Et dans le vent, ça peut être aussi du sport !!!